Le jour où les hommes pleurent…

🪾LE JOUR OÙ LES HOMMES PLEURENT…
A un mois d’intervalle, j’ai reçu dans l’infirmerie des entreprises où je travaille deux personnes. Des hommes dans la trentaine. Avec à l’intérieur une sorte de bombe émotionnelle qui était en train d’exploser. Mais sous cloche. Comme si ça allait faire trop mal si on laissait tout sortir.

Cela m’émeut beaucoup. J’ai trois enfants, qui sont devenus trois hommes, et que j’ai élevés en leur apprenant à accepter leurs émotions. Mais la plupart de ceux que je croise ont appris à les taire, les minimiser, les étouffer. Comme s’il fallait avancer dans la vie en répétant « même pas mal », malgré les bouleversements qu’elle ne manque pas de provoquer.

Je suis touchée de voir ces hommes arriver dans un état de vulnérabilité qui leur est parfois insupportable. Ils viennent parfois aussi à la roulotte. Et j’aime accueillir ces fragilités pudiques qui se dévoilent dans les murs de l’infirmerie. Ils sont réticents à lâcher ce qui leur pèse, et finissent chaque fois par conclure que cela fait du bien, finalement. De se délester de ce qui est trop lourd.

Je n’ai pas la prétention de les aider. Mais le simple fait d’écouter leur histoire, sans les juger, en autorisant les larmes, c’est salvateur en soi. Alors ma formation récente au PREMIERS SECOURS EN SANTE MENTALE FRANCE (PSSM FRANCE) m’est utile. J’avais même mon manuel sous la main aujourd’hui, et j’ai pu faire un récapitulatif de toutes les ressources qui pouvaient aider le salarié qui est venu me voir à rebondir. En lui laissant la porte ouverte, s’il a besoin de repasser me voir.

Dans l’éducation que nous donnons à nos enfants, il me semble impératif introduire l’importance vitale des émotions, et d’apprendre à les accepter, les accueillir en cessant d’y résister en permanence. C’est une vraie souffrance, en particulier pour des hommes qui ont appris à éteindre ces vécus pour rester dans le rôle qu’on attend d’eux: des êtres en acier inoxidable qui ne peuvent faillir. Il se trouve que les hommes, comme les femmes, ont des coups de moins bien, des problèmes relationnels, et parfois aucun soutien autour d’eux pour faire face. Et avec en plus parfois des difficultés à se confier, simplement, ils vivent des moments très compliqués, et une vraie solitude.

Alors je lance un appel à chacun : il est urgent d’apprendre à tendre la main, et pour cela, la formation du PSSM est vraiment pertinente. La santé mentale de chacun affecte les autres, il est temps d’en prendre soin ! Clin d’oeil à mon super formateur, Frédéric FONT.

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